Depuis le début des années 2020, un problème va s’aggravant dans les quartiers de grands ensembles du sud de Grenoble : la fermeture des commerces de proximité, notamment alimentaires. Dans la partie sud-est de la ville, ces fermetures ont renforcé la répartition très déséquilibrée entre un immense hypermarché ouvert depuis 1969, un centre commercial toujours plus grand depuis 1975, et des quartiers où les places vivantes et commerçantes au cœur de la vie sociale quotidienne des habitants ont disparu. L’évolution en cartes
Actuellement, seule une boulangerie, ouverte fin 2024, existe, place du marché, dans le quartier de l’Arlequin.
Place des Géants, le dernier commerce alimentaire, une boucherie-épicerie, a fermé début 2023. Ces rideaux métalliques sont baissés depuis plus de trois ans :

Qui se souvient de la supérette disparue de la place des Saules, dans la zone grillagée avec les gros pots de fleurs (photo du haut), dont la destruction prochaine a été décidée ?
Il y a dix ans, une étude décomptait encore :
– 16 locaux, dont 5 vacants, place du marché, située au centre de la galerie de l’Arlequin ;
– 8 locaux, dont 1 vacant, place des Géants.

Jusqu’aux années 2000, la place du marché, ainsi que celle des Géants, étaient les deux principales zones (en bleu clair) commerçantes du quartier de la Villeneuve. Au nord : les commerces au pied des immeubles de l’avenue de la Bruyère.

Avec la construction du nouveau quartier Vigny-Musset, à partir de la fin des années 1990, puis la fermeture des commerces de la Villeneuve, accélérée ces dernières années, les zones commerçantes (en bleu clair) se sont déplacées, avec un axe devenu central : le nord de l’avenue Marie-Reynoard.

Sont alors apparus non seulement des déserts commerciaux, mais surtout des déséquilibres d’accès à une variété de commerces alimentaires.
S’il n’existe pas de liens directs entre la manière de s’alimenter et les types de commerces dans lesquels une personne (ou une famille) va faire ses courses, la localisation et les types de commerces ont une influence sur les manières de cuisiner (ou de ne pas le faire) et de manger. Les déséquilibres alimentaires peuvent aussi se situer dans l’environnement commercial des zones d’habitation ; pas seulement dans nos assiettes. Dans cet environnement, les points de vente les plus proches du domicile ont une influence forte, en rendant plus ou moins facile, ou difficile, l’accès à certains produits comme les fruits et légumes, les pains, et tous les produits frais et bruts pour cuisiner soi-même.
Actuellement, dans le sud-est de Grenoble, ces « voisinages alimentaires » se caractérisent par des zones toujours plus vides de commerces, quand d’autres zones en concentrent plusieurs dizaines.
