Nouvelle série d’articles en lien avec les élections municipales à Grenoble : quels sont les grands manques, dans la commune, sur lesquels la nouvelle équipe pourrait et devrait agir rapidement au cours de son mandat, d’ici 2030 ? L’enjeu de l’accès à au moins trois repas par jour, pour toutes et tous
À Chambéry, tous les jours de l’année, il est possible de venir prendre son petit déjeuner, le repas de midi et/ou celui du soir à La Cantine savoyarde, qui existe depuis 1983. Pour 1,5 euros, les personnes en situation de grande précarité peuvent venir manger dans ce restaurant associatif de type cafétéria, qui cuisine avec des produits donnés ou de récup. Actuellement, cela représente environ 450 repas par jour.
À Grenoble, il n’existe rien de semblable. Une personne en grande précarité doit se déplacer dans plusieurs lieux, très éloignés les uns des autres, pour pouvoir prendre un petit déjeuner et un repas chaud attablé à midi. Le soir, le nombre de lieux pour se restaurer est encore plus réduit et l’offre se limite souvent à une soupe.
D’autre part, les places sont en nombre limité, environ 200 places à midi.
Il n’existe qu’un restaurant associatif à prix libre, Les Petites Cantines-Grenoble. Il n’est ouvert que pour quatre déjeuners par semaine, et une trentaine de places.
Les tableaux d’information précieux réalisés par le CCAS résume bien la situation. Le dernier, mis à jour au début de l’année :

Pour les personnes qui ont de petits revenus, il est tout aussi difficile de pouvoir aller manger un repas complet et chaud dans un restaurant pour un tarif autour de 5 euros. À Grenoble, les prix dits « solidaires » sont autour de 10 euros le repas complet, ce qui est bien trop cher pour une personne qui a entre 20 (un allocataire du RSA) et 50 (une personne salariée au SMIC) euros par jour pour vivre et payer toutes ses dépenses.
Comment agir pour créer de nouveaux lieux de restauration collective avec des tarifs à partir de 2 euros et jusqu’à 5 euros ?
Comme à Chambéry avec La Cantine savoyarde, la création de restaurants associatifs préparant des repas avec des dons, de la récup, et beaucoup de bénévoles, est une piste.
Dans une ville comme Grenoble avec une cuisine municipale qui préparent déjà plus de 10 000 repas par jour, il serait aussi possible d’élargir ce service public en fournissant également un ou plusieurs restaurants sociaux en mesure d’accueillir plusieurs centaines de personnes par jour et pour les trois repas.
Une autre piste, testée à Lyon depuis quelques années, serait sérieusement à explorer : l’accès, pour des personnes en grande précarité, et pour 2 euros, au plus grand restaurant administratif de la commune, de type self. Explications dans cette vidéo YouTube.
Dans une ville-préfecture universitaire et high-tech comme Grenoble, où il existe déjà un service public solide de restauration collective, le nombre de restaurants de type self est élevé : restaurants administratifs de collectivités territoriales, restaurants universitaires, cantines scolaires, restaurants de maisons de retraite, restaurants d’entreprise.
Les restaurants associatifs ne pourront jamais proposer un nombre élevé de places, faute de disposer de grandes salles de restaurant. Rendre possible l’accès, pour un tarif entre 2 et 5 euros et selon des quotas à discuter et définir, à tous les restaurants-selfs, pour les personnes en grande précarité, mais aussi pour les personnes et familles modestes et des classes moyennes, serait un projet opportun et réalisable à moyen terme.
Première étape : faire connaître et diffuser l’idée dans les différents milieux concernés à Grenoble et dans la Métropole.
