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SSA : La Dalle en difficulté

Aucun bilan n’a en fait été présenté. Seule une jolie fresque chronologique a été exposée et rapidement commentée : elle reprend ces quelques étapes, sans aucune donnée précise (notamment chiffrée) permettant de dresser un premier bilan.
Et bien peu de monde dans l’ancienne piscine de la Villeneuve : une vingtaine de personnes affiliées à La Dalle, une cinquantaine de personnes au total, avec surtout la présence de membres des organismes impliqués dans ce projet.
Quatre élu.e.s de la Ville de Grenoble présents au début, partis après le discours de soutien d’Amandine Germain, élue chargée de la santé et de l’alimentation.

Le public présent quand Elisa, affiliée à La Dalle, a expliqué ce qu’est un projet SSA :

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Pour commencer à faire le bilan d’une caisse commune alimentaire se revendiquant de la SSA, il faut d’abord disposer de données chiffrées : en premier lieu sur le nombre de foyers concernés.
Depuis la fin de l’année 2025, la Ville de Grenoble communique sur le chiffre de 150 familles bénéficiaires (soit environ 350 personnes). Or, d’après les informations recueillies par oYez, ce nombre est surévalué : il serait plus proche de la centaine. Et il a dégringolé à partir d’avril 2026. Que s’est-il passé ?

Le premier barème des cotisations à La Dalle

Du point de vue (très simplifié) des circuits financiers, une « caisse » se revendiquant de la « Sécurité sociale » consiste en la constitution d’un pot commun, principalement par le versement de cotisations (une double cotisation, celles des personnes et celles des entreprises, dans la Sécu), puis en la distribution de prestations (allocations, produits, services).
Le montant des cotisations (ou des « contributions », selon le terme utilisé par La Dalle), l’existence (ou pas) d’un plancher et d’un plafond, leur progressivité (ou pas) selon les revenus des familles, et la différence entre les cotisations versées et les allocations reçues, sont des points importants dans tout système de caisse de cotisations/allocations.
Tous ces montants sont des seuils (ou des obstacles) dans la décision (ou pas) des personnes et familles de participer à ce type de projet expérimental. L’équilibre financier global de la caisse est aussi en jeu, à travers le taux d’autofinancement.

Au lancement de la caisse de La Dalle, pendant l’été 2025, ces cotisations étaient librement fixées, à partir de 1 euro. Des grilles indicatives avaient été communiquées, pour aider le choix de chaque famille, selon sa composition, ses revenus, son reste à vivre et/ou son budget alimentation. Le niveau de revenu dit « pivot » indiqué, pour lequel la cotisation est égale à l’allocation reçue (soit 100 euros), était d’environ 2000 euros de revenu (pour une personne seule) :

Le document complet avec toutes les grilles indicatives : le fichier PDF à télécharger.

Dès les premiers mois de fonctionnement de La Dalle, une très large majorité des cotisations ont été inférieures à 100 euros, et plus d’un tiers inférieures à 10 euros. Cela a abouti à un autofinancement de l’ordre de 25 %, et donc à une dépendance très grande par rapport à la subvention de la Ville de Grenoble.

Le deuxième barème de mars 2026

Au mois de mars 2026, La Dalle prend la décision de changer les premiers barèmes de 2025, afin d’augmenter nettement l’autofinancement de la caisse de cotisations/allocations. Les cotisations ne sont plus librement choisies, elles dépendent désormais des revenus de la personne (ou de la famille), avec un taux selon des « tranches » prédéfinies.
Cela aboutit :
– à poser une cotisation plancher de 20 euros ;
– à une augmentation de la plupart des cotisations ;
– et à une augmentation très forte de la cotisation pour les revenus de 2000 euros (et plus), ceux qui cotisaient/percevaient 100 euros, et qui vont désormais cotisaient au moins 400 euros (pour un foyer d’une personne).

Le tableau pour calculer la cotisation selon les revenus et la composition familiale :

Le document complet : fichier PDF à télécharger.

Dès le mois d’avril 2026, des personnes et familles arrêtent de cotiser et donc de recevoir leur allocation mensuelle. Au moins un tiers des affiliés à La Dalle manifestent leur mécontentement et leur incompréhension des décisions prises en arrêtant de verser chaque mois leur contribution.
En juillet, le nombre de familles qui cotisent serait tombé à 60.

Le troisième barème d’août 2026

Fin juillet 2026, les organismes qui pilotent leur projet et le groupe de travail « Contribution » font eux-mêmes le constat d’un barème injuste, complexe et opaque. Un nouveau système de cotisations/allocations est proposé. L’enjeu est la poursuite de l’expérimentation.
Comme il est écrit dans le communiqué diffusé fin juillet aux affiliés : « Il faut boucler le budget de l’année pour assurer la pérennité de La Dalle. Dans le cas contraire, nous serons contraints d’envisager collectivement de mettre la caisse en pause, au risque de la mettre en péril, ou de diminuer/stopper les allocations, ce qui serait insécurisant pour les personnes qui comptent dessus. »

Les changements décidés :
– suppression des « tranches » de revenus, mise en place d’un barème plus progressif par rapport aux revenus de chaque famille ;
– le plancher à 20 euros est maintenu et un plafond est instauré, à 150 euros la cotisation, à partir d’environ 3300 euros de revenus ;
– le niveau de revenu de 2000 euros redevient le revenu pour lequel la cotisation est égale à l’allocation (100 euros).

Extrait du communiqué de fin juillet, assez illisible par son jargon typique d’un document interne d’une mutuelle :

Le communiqué complet : fichier PDF à télécharger.

Ce mois-ci, septembre 2026, le nombre de familles impliquées serait d’environ 80.

Alors qu’elle était fermée à toute nouvelle adhésion depuis fin 2025, la caisse de La Dalle a rouvert en septembre, mais seulement pour des personnes ou familles qui paient une contribution supérieure à l’allocation qu’elles perçoivent, afin d’augmenter le taux d’autofinancement.
Outre leur « contribution », il va falloir aussi désormais qu’elles adhèrent à l’association qui va porter le projet. L’assemblée générale fondatrice a eu lieu le 12 septembre.

A propos de l'auteur

Anne Veitl