Au cours du prochain mandat de l’équipe municipale élue dimanche 22 mars, le plus gros projet concernant l’alimentation devrait être le chantier d’une nouvelle cuisine municipale, équipement au cœur du service public de la restauration collective. Un dossier de fond absent des programmes et des débats
La décision de construire une nouvelle cuisine municipale a été prise lors du conseil municipal du 24 juin 2024. Ce nouvel équipement est devenu nécessaire car l’actuelle cuisine n’est plus assez grande pour produire les 11 000 repas quotidiens et parce que la transition écologique exige de ne plus utiliser de contenants en plastique jetable, ce qui entraine une grande réorganisation des modes de préparation et de transport des plats acheminés dans toutes les écoles, les crèches et les EHPAD.
Plus généralement, le projet est d’aménager une « cité de l’alimentation », avec différents types de locaux utiles pour le développement d’activités commerciales et de formation des organismes locaux. Dans la délibération votée en 2024, il est expliqué :
« Si la construction d’une nouvelle cuisine centrale permettra de pérenniser et d’adapter l’outil de production et de distribution des repas pour l’ensemble des 72 écoles grenobloises, elle s’inscrit aussi dans une stratégie alimentaire qui dépasse largement le cadre du public scolaire. Que ce soient les associations autour de l’alimentation, les activités scolaires et périscolaires ou encore les initiatives citoyennes, quand on parle alimentation, tous ces acteurs sont très souvent confrontés à un manque de locaux ou de chambre froide. Il est ainsi intéressant que le projet inclut une dimension plus large que la production des repas et puisse être identifié comme un lieu ressource pour tous les acteurs souhaitant œuvrer pour la transition alimentaire.
Le projet de nouvelle unité de production s’inscrit donc dans le développement d’une « cité de l’alimentation » incluant par exemple des espaces d’alimentation solidaire, des jardins familiaux ou pédagogiques voir des espaces de vente type halle alimentaire. Un espace de restauration ouvert notamment aux nombreux employés travaillant à proximité pourrait aussi être envisagé et mutualisé avec un restaurant solidaire ».
Le début du chantier est programmé pour 2029. Les différentes études préalables sont encore à mener. Le terrain a été trouvé : au début de l’avenue Marie-Reynoard, dans le virage à côté du parking de la CAF. Un budget maximal de 15 millions d’euros est prévu.
Dans le programme (version en ligne de début mars 2026) de la majorité sortante, une seule petite ligne sur ce projet d’ampleur au centre du service public de la restauration collective. Un dossier et des enjeux complètement ignorés par les autres équipes candidates, à moins que la liste d’Alain Carignon ait le projet (bien masqué) d’arrêter la gestion directe des cantines.
Un tel équipement serait pourtant central pour consolider ce service public, pour l’élargir et innover dans le cadre des transitions écologiques à mener.
L’élargir aux petits déjeuners dans les écoles maternelles ?
L’élargir par la création de restaurants sociaux municipaux proposant le petit-déjeuner, le déjeuner et le repas du soir 365 jours par an, ce qui n’existe pas à Grenoble, contrairement à d’autres villes ?
Innover en développant les approvisionnements locaux par des investissements dans des fermes municipales agro-écologiques en Isère ou dans la région ?
Imaginer, concevoir avec tous les acteurs locaux concernés un ensemble d’équipements dont la cuisine centrale serait le cœur ? Ou imaginer plutôt un réseau de cuisines satellites et de Maisons de l’alimentation dans chaque quartier ?
Le texte complet de la délibération du 24 juin 2024 : consultable et téléchargeable à partir de ce lien.
